"Carnets de campagne" 3: "Faire les marchés..."

13/05/2019

 

Avant « d’entrer en politique », la vision de ces femmes et hommes qui, dans les semaines précédant les élections, se trainaient d’un marché à l’autre, leurs tracts à la main, me faisait sourire. Pour tout dire, je trouvais ça un peu pathétique et certainement peu productif.

 

Eh, bien après en avoir fait quelques-uns, des marchés, brocantes, fêtes de quartiers et toute autre forme de rassemblement, j’ai révisé mon avis. D’abord, et ceci n’a rien de politique, pour moi qui aime cuisiner, pouvoir comparer les produits offerts par les maraichers (enfin, « offerts », on se comprend, disons plutôt « proposés ») est un vrai plaisir.

 

Ensuite, pour en revenir au cœur du sujet, c’est l’occasion de souder les équipes. Les nôtres d’équipes, aux Listes Destexhe, sont diverses, souvent jeunes et pleines d’enthousiasme, des « belgo-belges » depuis plusieurs générations, comme Michel, Molenbeekois et fier de l’être (71ème sur ma liste à la région de Bruxelles) ou Jérôme (7ème ), des « métis franco Belges », comme Victoria (4ème) et moi-même, des belges d’origine rwandaise (dont la formidable Rose (28ème) , qui a perdu toute sa famille lors du génocide des Tutsis et a eu la force incroyable de se reconstruire), iranienne, comme Payam (11ème)  ou Azita (5ème à la Chambre)– qui a compris ce qu’était le voile lorsqu’on le lui a imposé, à 14 ans et a choisi la liberté, quelques années plus tard, en Belgique, où elle a fondé une famille et a connu une belle réussite professionnelle et où elle continue son combat contre l’obscurantisme, marocaine, comme Amir (36ème), grecque  comme Dimitri. Et j’en passe : qu’ils me pardonnent, mais il me faudrait des pages et des pages pour évoquer tous ces amis…

 

 

 

Sur les marchés, bien entendu, on croise aussi "la concurrence". Sourires complices, courtes discussions, vœux de réussite mutuelle: en démocratie, la politique, ce n'est pas la guerre civile. On peut être adversaires et se respecter. 

 

Mais surtout, le marché, c’est une belle possibilité de rencontrer les gens (les « vrais gens », comme disent certains), d’entamer un dialogue et, surtout de les écouter.

 

Ils viennent à nous en confiance, avec leurs espoirs et leurs craintes et, souvent, ce qui ressort de ces discussions, c’est la méfiance envers un monde politique qu’ils jugent trop déconnecté et vivant dans une dangereuse autarcie et dans un « entre-soi » qui ne favorise guère les idées nouvelles. Le fait que nous soyons un mouvement nouveau et que, par définition nous soyons majoritairement issus de la « société civile » est évidemment importants : nous aussi nous sommes, trop souvent, confrontés à une administration tatillonne, envahissante, et qui, loin de faciliter la vie des citoyens et des acteurs économiques, la complique trop souvent.  

 

Un dernier mot : les marchés, c’est aussi la possibilité de se livrer à une sorte de « sondage » permanent bien plus fiable que ceux qui, sont concoctés par des « spécialistes » sur base de « panels » (et qui se sont plantés sur tout, ces dernières années, du Brexit à l’élection de Donald Trump… ) Et l’accueil que nous recevons, les encouragements qui nous sont adressés - et qui nous procurent une formidable énergie ! - montrent, si besoin était qu’il y a, dans ce pays un « désir de droite ».

 

D’une droite démocratique mais ferme, ancrée dans des principes, comparable, en France aux Républicains ou à la droite du « Macronisme ». Celle que nous incarnons.

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