Israel/Gaza : Pour Israël, les opérations sont "largement terminées", et c’est "un succès"


A L’ESISC – European Strategic Intelligence and Security Center, www.esisc.org - l’organisation que je codirige – nous suivons évidemment le conflit entre Israël et le Hamas en temps réel.


Dans la journée et la soirée du mardi 18 mai, nous avons pu avoir plusieurs contacts avec des sources militaires et politiques israéliennes de haut niveau. Tard dans la soirée de mardi, elles nous déclaraient que du point de vue israélien, « l’opération Gardiens des Murs » (l’offensive contre le Hamas) était « terminée » et qu’il s’agissait d’un « succès ».


« Nous avons détruit ou gravement endommagé et rendu pratiquement inutilisables les 150 kilomètres de tunnels (« Le Métro ») qui, sous Gaza, permettaient au Hamas de protéger ses armes et ses combattants, de les déplacer mais aussi de tirer ses missiles » nous affirment nos sources militaires.


« Nous avons oblitéré des dizaines de sites de lancements de roquettes et 80% des installations de surface du Hamas, en ce compris des installations militaires et de renseignement importantes. Nous avons éliminé des cadres terroristes de haut niveau et le Hamas ne dispose plus aujourd’hui que de quelques centaines de roquettes, pour l’essentiel à courte et moyenne portée [capables d’atteindre les localités du sud et du sud-ouest du pays, jusqu’à 20 à 30 kilomètres, mais ni Tel-Aviv ni le centre du pays]. Il lui reste des missiles à portée plus longue, mais plus beaucoup et plus pour longtemps. La menace qui existait sur Tel Aviv, l’aéroport Ben Gourion et les villes importantes a donc été virtuellement éliminée. Nous allons encore procéder à des frappes mais leur nombre va baisser et un cessez-le feu est possible d’ici à la fin de la semaine, peut-être avant. »


Nos sources insistent toutefois : « Nous allons toutefois continuer le travail tant que le Hamas n’arrêtera pas ses tirs et à procéder à des frappes ou opérations chirurgicales, chaque fois que cela sera nécessaire ou possible , tant pour continuer à réduire l’arsenal du Hamas que pour éliminer ses chefs, en particulier Mohamed Deif [chef des Brigades Izz al-Din al-Qassam, branche armée du Hamas] et ses plus proches collaborateurs. Et il est évident que si de nouvelles roquettes sont tirées dans l’avenir, nous riposterons immédiatement, comme nous l’avons toujours fait. C’est notre doctrine et elle ne changera pas. Mais le gros des opérations est désormais derrière nous ».


Les sources politiques auxquelles nous avons pu parler estiment, elles, qu’il faut que le conflit « se termine avant que la pression internationale, entre autre américaine ne devienne insupportable et avant que la machine de propagande palestinienne ne puisse exploiter des « dégâts collatéraux » pour renverser la position de la plupart des pays occidentaux importants, et surtout des Etats-Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France qui, tous, ont reconnu notre droit à nous défendre… ».


On insiste toutefois, tant du côté militaire que politique sur le fait que ce ne sera pas Jérusalem qui demandera ce cessez-le-feu mais qu’elle pourrait accepter une proposition extérieure (« par exemple américaine, française ou égyptienne… ») si le Hamas s’y plie.


Par ailleurs les sources sécuritaires comme politiques se retrouvent sur la nécessité de « calmer le jeu » afin de faire baisser la tension en Cisjordanie et dans les zones israéliennes où cohabitent communautés arabes et juives, entre autres à Jérusalem-Est .


Une rapide analyse de la situation m’amène à estimer que l’approche israélienne est cohérente et pertinente.


Du point de vue de Tsahal et de l’appareil sécuritaire israélien, le bilan est en effet, actuellement «globalement positif » : une énorme partie des capacités du Hamas a, effectivement été anéantie, la menace qu’il pouvait faire peser sur Israël (sa capacité à toucher de grandes villes et surtout Tel Aviv) a été éradiquée et, du point de vue politique, l’organisation a été largement discréditée au plan international par les plus de 2000 roquettes ou missiles lancées sur Israël en une dizaine de jours et contre lesquelles il a été à peu près unanimement admis que l’Etat hébreu avait le droit de se défendre.


On remarquera d’ailleurs qu’en dehors de quelques déclarations de principe, les pays arabes ont brillé, dans cette crise par une discrétion assez remarquable : du Caire à Abu Dhabi, d’Amman à Rabat, même si l’on est « solidaire » des Palestiniens, personne ne pleurera sur le Hamas et ses pertes et certainement pas les pays du Golfe qui, ces derniers mois ont reconnu Israël et ont ouvert des relations diplomatiques et économiques avec lui.


Le Hamas quant à lui sort extrêmement affaibli de la crise et ne pourra qu’essayer de se consoler en se posant comme « seule vrai défenseur » des Palestiniens, un rôle qu’il affectionne mais qui ne correspond à aucune réalité.


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